Message de L'ocdh a l'occasion de la journee internationale de la femme.

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O.C.D.H. asbl OBSERVATOIRE CONGOLAIS DESDROITS HUMAINS ONG de promotion, de défense des droits de l’homme et de développement démocratique Le Conseil d’Administration

MESSAGE DE L’OCDH A L’OCCASION DE LA COMMEMORATION DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME - 08 mars 2009

Depuis 1977, les Nations Unies ont proclamé le 08 mars de chaque année « journée de la femme » Dès lors, en cette date et ce, chaque année, l’organisation des Nations Unies propose un thème sur lequel les acteurs de la promotion et protection des droits de la femme doivent réfléchir.

Pour cette année, le thème choisi est « Unir les femmes et les hommes pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles », pour souligner l’importance de l’implication de tous dans la lutte contre les violences faites à la femme ainsi qu’à la jeune fille; car, il est unanimement reconnu que ces violences sont souvent l’oeuvre des hommes.

En effet, la célébration de cette journée donne l’occasion aux Etats du monde et spécialement ceux faisant partie aux différentes conventions relatives aux droits de la femme et aux divers acteurs non étatiques, de faire le point sur la situation des droits de la femme dans leurs Etats respectifs.

C’est dans ce cadre que l’Observatoire Congolais des Droits Humains (OCDH) a choisi de présenter tant soit peu l’état de la question relativement au thème proposé, en République Démocratique du Congo.

En effet, l’article 1er de la déclaration sur l’élimination des violences contre les femmes (Résolution 48/104 de l’Assemblée générale).dispose que « Les termes violences à l’égard des femmes désignent tous actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée »

Il est par ailleurs aujourd’hui démontré qu’en restreignant les choix des femmes et en limitant leurs moyens d’action, la violence les empêche de contribuer au développement et d’en bénéficier. De même, elle compromet et entrave la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement notamment ceux en rapport avec la pauvreté, l’éducation, la santé infantile, la mortalité maternelle, le VIH/SIDA et le développement durable global (Etude approfondie de toutes les formes de violence à l’égard des femmes, Rapport au Secrétaire Général des Nations Unies, juillet 2006).

L’OCDH fait sienne, la satisfaction du comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes lors de l’examen du rapport de la RD Congo (Observations finales du comité, Genève, § 6 et 7, 25 août 2006) en ce que la RD Congo a déployé les efforts pour assurer l’égalité entre sexes et éliminer la discrimination à l’égard des femmes, notamment par la mise en place du programme national de promotion des femmes congolaises (1999) et le document portant sur l’autonomisation des femmes (2004) ainsi que la promulgation en juillet 2006 des lois relatives aux violences sexuelles.

Toutefois, l’OCDH déplore le fait que les droits susmentionnés demeurent encore de simples déclarations d’intention et ne sont pas suivis des mesures concrètes pour leur application effective.

Il y a lieu de relever par ailleurs que même sur le plan théorique, les dispositions législatives contiennent encore des dispositions discriminatoires qui risquent de pérenniser d’une manière ou d’une autre les violences faites à la femme.

C’est le cas par exemple du code du travail du 16 octobre 2002 qui, à son article 6, entretient une confusion quant à la capacité juridique de la femme à engager ses services dans le cadre du contrat de travail. En effet, cet article renvoie à l’appréciation de la question relative à la capacité au code de la famille qui subordonne cette capacité à l’autorisation du mari.

Par ailleurs, l’OCDH est vivement préoccupé par le taux élevé de la mortalité maternelle, du faible taux de l’utilisation de moyens de contraception surtout en zone rurale et la dégradation des services de santé. La plupart des femmes qui meurent lors de l’accouchement sont des démunis dépourvues de moyens pour suivre des consultations prénatales ou qui n’ont pas été suivies dès leur entrée à la maternité toujours faute de moyens.

Au regard de ce qui précède, l’OCDH formule les recommandations ci-après :

Aux Nations Unies

de continuer à appuyer le gouvernement congolais ainsi que les acteurs non étatiques, dans la lutte contre les violences faites à la femme.

Au gouvernement congolais

d’intensifier les efforts pour l’application effective des droits de la femme ;
de prendre des mesures visant à améliorer l’accès des femmes aux soins de santé;
de prendre des mesures pour éliminer toutes les pratiques culturelles et les stéréotypes qui constituent une discrimination à l’égard des femmes,
d’organiser des programmes de sensibilisation complet, à l’intention des femmes et des hommes à tous les échelons de la société, afin d’instaurer un environnement propice au changement et à l’élimination des stéréotypes discriminatoires à l’égard des femmes.

Fait à Kinshasa, le 6 mars 2009
OCDH